Valorisation de la production DATTIERE

 

Le palmier dattier représente l’ossature de l ‘agriculture  dans la région du Tafilalet. Il occupe une place importante sur les plans économique, social, environnemental et culturel. L’effectif des palmiers dattiers dans la zone est d’environ 1.375.000 pieds produisant en moyenne 26.000 Tonnes/an, constituant ainsi la première espèce fruitière au niveau de la zone. La valeur moyenne de la production est estimée à 260 Millions de Dirhams.

Les variétés de bonne qualité ne représentent que 26% du profil variétal alors que les khalts représentent plus de 40%. Plus de la moitié de la production est constituée de dattes molles difficiles à stocker. 

Problématique de la valorisation de la production

le caractère saisonnier de la demande (Ramadan, Achoura) occasionne un long stockage des dattes, souvent dans des conditions inappropriées, ce qui aggrave leur infestation par les pyrales. Ces dernières pondent leurs œufs sur les fruits (avant ou après la récolte) qui éclosent après un temps variable, dépendant de la température  ambiante.  Les larves pénètrent dans le fruit et consomment une partie de la pulpe. De nouvelles générations peuvent également se développer en cours du stockage des dattes et s’attaquer aux fruits encore sains.

D’autre part, les  femmes  rurales  procèdent traditionnellement à la transformation  d’une partie de cette production (dattes moles) pour la préparation de la pâte de dattes manuellement dans des conditions  qui manquent généralement d’hygiène et dans des conditions de stockage non adéquats (Couffins, plastiques, jarres…). Le produit est utilisé pour la consommation familiale et il est commercialisé uniquement au niveau des souks locaux.

Valorisation de la datte

 La valorisation des productions agricoles constitue un créneau qu’il convient de promouvoir pour améliorer la qualité et la présentation des produits et augmenter les recettes des agriculteurs. Les objectifs de valorisation de la production dattière sont : 

 *      Amélioration de la qualité de la datte fruit et de sa présentation pour la vente,

*      Amélioration des conditions hygiéniques de préparation  de la pâte de dattes;

*      Amélioration des conditions de travail des femmes et filles rurales qui se chargent de cette dernière activité ;

*      Obtention d’un produit fini de qualité homogène aromatisé (fenouil, sésame, arachides, amandes …) susceptible d’être mis sur le marché.

        Les principales actions menées par l’Office depuis 1997 dans le cadre de partenariat avec les coopératives dattières, les agriculteurs pilotes et les revendeurs de dattes ainsi que les associations féminines concernent :

1. L’entretien de la production avant la récolte :

     Avant la récolte et tout au long du processus de maturation des dattes, il est conseillé de procéder à l’ensachage des régimes pour les protéger contre les pluies, les oiseaux et l’infestation par les insectes. Ainsi, l’Office a  acquis des sacs d’ensachage des régimes et a  réalisé des parcelles de démonstration chez les agriculteurs qui sont actuellement conscients des bienfaits de la technique.

2. L’amélioration des techniques de récolte et de transport des dattes :

La méthode de récolte endommageant le moins possible les fruits est la méthode par grappillage. Cependant, cette méthode est onéreuse et de ce fait, elle n’est pratiquée généralement que pour les dattes molles ou demi  molles de haute qualité marchande.

Pour les dattes sèches et de qualité moyenne, et à défaut d’une récolte par grappillage, il est  recommandé d’étendre une bâche sous les palmiers pour recueillir les régimes sectionnés et éviter ainsi le contact direct des fruits avec la terre et d’utiliser des couffins et des codes pour faire descendre les régimes.  

3. L’introduction de 10 unités de traitement et de conditionnement des dattes de type « Gonet » et d’emballages  des dattes.

 Pour améliorer la valeur marchandes des dattes moyennes ,l’Office a procédé à l’introduction de 10 unités de traitement et des conditionnement des dattes  qui sont mises à la disposition de coopératives agricoles sous contrat d’exploitation. Ces coopératives constituent un noyau pour l’amélioration des techniques avant et après récolte des dattes, pour l’initiation de la vente organisée et pourraient rayonner chacune au niveau de sa zone.

Le traitement thermique en étuve « GONET » à 60-69°C, pendant deux heures, est conçu pour détruire les pyrales à toutes les étapes de leur cycle biologique (œufs, larves, adultes).

les effets combinés du traitement thermique et du passage des fruits dans une caution contenant du glucose améliorent l’apparence des fruits et prolonge la durée de leur stockage. Le conditionnement en sachets plastiques, sous vide partiel ou dans un emballage spécifique améliore la présentation  des fruits et permet leur commercialisation à des lieux éloignés de ceux de leur production.

4. L’introduction d’unités de dénoyautage des dattes et de préparation de la pâte de dattes .

     Dans le cadre de l’étude de vérification du projet de développement des communautés rurales par la réhabilitation des khéttaras mené par la JICA et l’Office, des tentatives de mise au point de petit matériel familial adapté aux exploitations oasiennes sont expérimentées au niveau de la zone.

         L’objectif de cette action est de faciliter la tâche aux femmes rurales qui préparent la pâte de dattes, d’obtenir un produit dans de bonnes conditions hygiéniques et d’améliorer sa présentation au consommateur.

         Ainsi, les femmes rurales qui ont utilisé le matériel mis à la disposition des associations locales de développement ont innové dans l’utilisation de la pâte de datte produite soit dans la préparation de gâteaux, de galettes de pâte de datte de différentes formes assaisonnée par le fenouille, les amandes, le sésame, l’arachide. Cependant, le produit reste toujours par la consommation locale et espérons pouvoir le franchir dans le futur proche.

5. La préparation de recettes (plats, gâteaux, jus) à base de dattes en collaboration avec l’école hôtelière d’Erfoud et l’élaboration d’un document décrivant les principales recettes à base de datte.

 

Valorisation de la production oléicole

 

Dans la zone d’action de l’ORMVA du Tafilalet , l’olivier joue  un rôle primordial  dans l’économie des agriculteurs. En effet, en matière d’arboriculture, avec un effectif de  1.110.000 pieds, l’olivier occupe la deuxième place après le palmier dattier (1.375.000 pieds). La culture de l’olivier est localisée entre la plaine du Tafilalet et les zones de montagnes à une altitude de 800 à 1.300 m. La production annuelle moyenne en olives  s’ élève à  13.000 tonnes d’olives. Le secteur génère  annuellement  environ 1,5 millions de journées de travail.  Pendant les années défavorables au niveau des principales zones de production à l’échelle nationale ( Fès , Marrakech ), les  industriels s’approvisionnent au niveau  de notre zone.

Problématique de la valorisation de la production

Le mode de trituration constitue l’une des principales contraintes à la valorisation de la production oléicole. En effet, 70% de la production d’olives de la zone  est triturée par des maasras traditionnelles , ce qui engendre  des pertes aussi bien en rendement  d’extraction  qu’en qualité d’huile extraite. A noter que la zone d’action de l’ORMVA/TF compte 474 Maasras.

Les objectifs  sont :

- Renforcement la capacité de trituration des olives de la région ;

- Amélioration des rendements d’extraction en huile d’olive et la  qualité de l’huile extraite.

Valorisation des olives

L’Office a doté sa zone d’action d’un certain nombre d’unités à titre de démonstration :

-          Deux unités semi industrielles qu’il a mis à la disposition des coopératives huilières d’Errachidia et de Goulmima (Unités très anciennes équipées en superpresses PIERALISI) ;

-          Une unité industrielle à chaîne continue (ALPHA LAVAL) actuellement  mise à la disposition d’une association de jeunes promoteurs à Rich (introduite au début des années 80).

Ce pendant, ces grandes unités n’ont jamais atteint leurs capacités maximales à cause de l’éloignement. Alors, pour être efficace et permettre une amélioration de la qualité de l’huile d’olives au niveau de notre zone, et pour assurer un changement dans le comportement et l’habitude alimentaire chez les agriculteurs de consommer de l’huile d’olives acide, l’introduction de petite unités de trituration au niveau de certaines localités s’avère nécessaire.

Compte tenu des accords du GATT, le Maroc doit respecter au même titre que les autres pays producteurs d’olives les normes commerciales applicables à l’huile d’olive et à l’huile de grignons d’olives telles qu’elles sont définies par le Conseil Oléicole International en juin 1999.

        A cet effet, et en raison du nombre important de maasras (huileries traditionnelles) existantes dans la région et de leur dominance dans la trituration des olives, il semble impératif que toute tentative d’amélioration de la valorisation de la production oléicole doit passer inéluctablement par l’amélioration de l’infrastructure de ces maasras et l’introduction de petites unités modernes.

       Concernant l’amélioration du réseau des maasras, l’Office a signé une convention de partenariat avec l’IAV Hassan II en vue d’une assistance technique visant la restructuration et l’amélioration de quelques maasras pilotes.

Pour les petites unités modernes de trituration, l’Office a procédé à l’acquisition de 8 unités affectées aux coopératives suivantes :

*      Coopérative Al Fth à Talssint

*       Coopérative Gheris à Goulmima

*      Coopérative huilière d’Errachidia

*      Coopérative Al ouahda à Jorf

*      Coopérative Mabrouka à Rich

*      Coopérative Sidi Ali Oubourk à Gourrama

*      Coopérative Bismillah à Toulal Gourrama

*      Coopérative      à Béni Tadjit

 Ces unités ont permis l’amélioration du rendement et de la qualité de l’huile extraite.

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